La Fabrique du Social

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Introduction du Rapport final

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Le programme Asosc est un dispositif de recherche original fondé sur l’hypothèse d’un tiers secteur scientifique. Il a été proposé en Ile de France sous l’appellation PICRI « Partenariats Institutions Citoyens pour le Recherche et l’Innovation ». Ces nouvelles approches intègrent pour partie des réflexions sur les rapports entre science et société, portées notamment par la Fondation Sciences Citoyennes. Elles s’inspirent très directement des ARUC québécoises dont l’objet est de former des « Alliances pour la Recherche Universités et Communautés ». Notons que le programme Asosc, tout en affirmant l’enjeu d’inscrire les réflexions sur les rapports sciences société dans une perspective d’approfondissement démocratique, repose finalement pour l’instant sur une vision assez hiérarchisée des savoirs : l’appropriation des apports de la science soutiendrait au final les dynamiques des acteurs de la société civile. Notre projet initial, La Fabrique du Social, s’inscrit lui-même initialement dans cette orientation. Mais en mettant l’accent, dans le cadre de sa démarche partenariale, sur l’enjeu de démarches empiriques et en privilégiant l’expérimentation, il est conduit à l’issue de ses trois années de recherche à proposer un déplacement dans le regard porté sur les référentiels épistémiques mobilisés et développés par les acteurs de la société civile et sur les contributions de la recherche à ces dynamiques sociales. Un nouveau projet Asosc déposé et retenu fin 2012 se propose précisément d’approfondir la voie de l’expérimentation dans le cadre d’un laboratoire social (LASRAC) qui pose centralement cette question de la déhiérarchisation des savoirs et l’enjeu de penser la recherche sur le modèle de l’implication. Dans ce débat nourri de controverses sur les liens entre recherche et société (rapport CESER, 2012), ce qui est interrogé c’est en effet tout autant la démocratisation de la science que l’agir en société de la recherche.

Notre réflexion s’appuie initialement sur l’observation de la constitution de groupes et réseaux de réflexion et de recherche qui mettent en œuvre des démarches de recherche-action pour observer des pratiques, analyser des enjeux sociaux, définir de nouvelles modalités d’intervention sociale. Ces approches empiriques et participatives s’inscrivent le plus souvent dans des logiques expérimentales, militantes, plus rarement interinstitutionnelles. Dans la construction de leurs questionnements et l’invention de pratiques sociales novatrices, nous faisions l’hypothèse que ces acteurs mobilisaient généralement des pratiques d’observation sociale, de recherche-action fondées sur l’engagement, l’analyse des situations et la mutualisation des savoirs. Partant d’un phénomène social qu’ils construiraient en problème social, ils tenteraient de proposer des réponses en conduisant des expérimentations sociales. Pour conduire ce travail collectif, ils n’inscriraient pas leur démarche en référence à des disciplines et à des normes académiques , mais solliciteraient pour des appuis méthodologiques et théoriques des chercheurs professionnels qui saisiraient l’opportunité de conduire une recherche de « plein air » qui leur permettrait non seulement de répondre à une demande sociétale, mais aussi de recueillir des données de qualité sur des questions sociales émergentes et d’engager des formes d’intervention sociologique originales.

Notre problématique a donc nécessité de croiser et d’articuler un double champ de réflexion théorique. Il nous a fallu cheminer sur la nature des collaborations entre les chercheurs et les acteurs pour mieux saisir où se situaient la spécificité des contributions des uns et des autres dans les dynamiques sociales engagées, quelles étaient leur nature, mais aussi quels étaient les types de savoirs mobilisés. En parallèle nous avons également été amenés à spécifier les démarches d’innovation sociale. Une revue de littérature importante a ainsi été réalisée et des contacts ont été établis avec des chercheurs québécois fortement investis tant sur cette question de l’innovation sociale que sur l’expérimentation de partenariats acteurs chercheurs (ARUCS, incubateurs sociaux..).

Consulter et télécharger le rapport final :

Rapport final - Tome 1

Rapport final - Tome 2

Contact : Nadine Souchard, coordinatrice du projet, au 02.99.14.14.30/41 ou  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.